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Gaffiot, Dictionnaire latin-français (2016, ex 1934), merci à G. Gréco, M. De Wilde, B. Maréchal, K. Ôkubo!: nempe

nempe nempe, adv. (nam, pe), [sollicite la reconnaissance d'un fait] c'est un fait, n'est-ce pas ? que : non istam dicit voluptatem. — Dicat quamlibet ; nempe eam dicit in qua virtutis nulla pars insit Cic. Tusc. 3, 49, ce n'est pas à ta façon qu'il entend le plaisir. — Qu'il l'entende à sa guise ; un fait certain, n'est-ce pas ? c'est qu'il l'entend d'une façon où il n'entre pas l'ombre de vertu ; [d'où une série d'emplois] : a) [dans les interrog.] : nempe hic tuos est ? — Meus est Pl. Rud. 1057, l'homme-là est ton esclave, n'est-ce pas ? — Oui, cf. Pl. Ps. 353 ; Bacch. 188 ; Rud. 268 ; Trin. 1076, etc. ; nempe igitur ea restant quæ...? — Est ita ut dicis Cic. Part. 42, donc, n'est-ce pas ? ce qui reste c'est ce que...? — Oui, cf. Cic. Part. 33 ; Br. 14 ; Tusc. 5, 12, etc. ; b) [surtout dans les réponses] : at quo tempore futurum est (judicium) ? nempe eo, cum Cic. Verr. 2, 5, 177, mais à quel moment doit-il être prononcé (le jugement) ? à un moment, n'est-ce pas, où..., cf. Cic. Phil. 1, 18 ; 4, 8 ; 10, 6 ; Lig. 9 ; 25 ; Mil. 7 ; 15 ; Domo 34 ; Cæl. 71 ; Pis. 91, etc. ; suppeditatio bonorum... ; quorum tandem bonorum ? voluptatum, credo, nempe ad corpus pertinentium Cic. Nat. 1, 111, une abondance de biens... ; mais enfin de quels biens ? de plaisirs, j'imagine, et, bien entendu, n'est-ce pas ? de plaisirs sensuels ; c) [pour établir un fait indéniable qui servira de base à un raisonnement] : sed effugi insidias, perrupi Apenninum ; nempe in Antoni congressum colloquiumque veniendum est ; quinam locus capitur ? Cic. Phil. 12, 26, mais [une supposition !] je suis sorti des embûches, j'ai forcé l'Apennin ; il faut, n'est-ce pas ? en venir à l'entrevue, et aux pourparlers avec Antoine ; quel endroit alors prendra-t-on ? || [souvent alors en tête du développt] : quare... ede illa quæ cœperas.— Ego vero, inquam, si potuero... — Poteris, inquit... — Nempe igitur hinc tum ductus est sermo quod... Cic. Br. 21, fais donc cet exposé que tu avais commencé. — Quant à moi, répondis-je, si je puis... — Tu le pourras, repartit Atticus... — Eh bien [igitur] ! le point de départ, n'est-ce pas ? de l'entretien que nous eûmes alors, le voici..., cf. Cic. Mil. 79 ; Hor. S. 1, 10, 1 ; [même suivi de enim] Tac. D. 35, 15 || [prépare une conclusion] : atque iidem vota suscipi dicitis oportere ; nempe singuli vovent ; audit igitur mens divina etiam de singulis Cic. Nat. 3, 93, vous prétendez aussi qu'il faut adresser des vœux à la divinité : chacun, n'est-ce-pas ? fait des vœux pour son propre compte ; donc la providence divine écoute même quand il s'agit de personnes en particulier ; d) [prépare une opposition] : consilia differebas in id tempus, cum sciremus... ; scimus nempe ; hæremus nihilo minus Cic. Att. 9, 15, 3, tu renvoyais les décisions à un moment où nous saurions... ; nous savons, n'est-ce pas ? mais nous n'en hésitons pas moins ; e) [pour limiter, restreindre] évidemment, naturellement, bien sûr : postulaturus eras ; quando ? post dies triginta ; nempe si te nihil impediret, si voluntas eadem maneret... Cic. Quinct. 82, tu allais faire la demande ; quand ? après trente jours ; à condition, n'est-ce pas ? (bien entendu) que rien ne te fît obstacle, que ta volonté demeurât la même... ; non me quidem, sed sapientem dico scire. — Optime ! nempe ista scire, quæ sunt in tua disciplina Cic. Ac. 2, 115, je ne dis pas que c'est moi qui sais, mais je dis que c'est le sage. — Très bien ! qui sait, n'est-ce-pas ? ce qui est dans ton système.